Psychomotricité : et maintenant… ?

Psychomotricité : Et maintenant...?

(article rédigé par l'UPBPF & la FEF)

 

« Une situation désastreuse pour ces diplômés et d’autant plus inquiétante pour l’ensemble des étudiants actuellement en cours de formation. »

        Ces mots concluaient fin décembre la situation relative au dossier de la reconnaissance du diplôme en psychomotricité. Depuis, que s’est-il passé ? Vers où se dirige-t-on ?

Début mars, différentes réactions médiatiques et politiques ont fait suite au front commun formé par la Fédération des étudiant.e.s Francophones (FEF) et l’Union Professionnelle Belge des Psychomotriciens Francophones (UPBPF).

Depuis différentes promesses, ont été tenues :

  • Par le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Monsieur Jean-Claude Marcourt, d’une part, ayant promis d’ouvrir des passerelles pour les étudiant.e.s en Psychomotricité vers des spécialisations masters (santé publique, …) comme vers d’autres filières d’études paramédicales (kinésithérapie, ergothérapie, …) 
  • D’autre part, le Ministre Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Monsieur Demotte, et le Ministre Wallon de la Santé, Monsieur Prévot, se sont tous deux montrés prêts à renforcer et étendre les postes de Psychomotricien ; en effet, à l’heure actuelle, il est important de remplir le vide juridique au niveau du droit à l’embauche. Les directeurs de crèches, d’écoles spéciales en fédération Wallonie-Bruxelles ; ceux de tous les services de la nouvelle Agence pour une Vie de Qualité en Wallonie (AVIQ), prêts à embaucher des psychomotriciens, ont besoin que soient généralisées les législations déjà prévues pour les centres de santé mentale, les MRS et à l’ex-Awiph.

        Ainsi la reconnaissance de fait du statut de psychomotricien en Fédération-Wallonie Bruxelles est en voie de se concrétiser, étape nécessaire avant d’aborder la reconnaissance de la profession en tant que profession paramédicale à part entière au niveau fédéral.
        La problématique pour les étudiant.e.s français.es persiste cependant et il nous semble important de la clarifier. A l’heure actuelle, la question est liée à la reconnaissance du diplôme de bachelier belge par les autorités françaises, autorisant l’accès à la profession dans les différentes régions du territoire français. La France refuse la reconnaissance du Bachelier paramédical en psychomotricité tant qu’il n’y a pas de statut national. Les jeunes diplômés, et les étudiant.e.s français.e.s ont à plusieurs reprises interpellé leurs responsables politiques. Une question relative à l’équivalence de diplôme fut posée à l’Assemblée Nationale française au cours du mois de mai. En voici un extrait « Malgré les mises en garde, nombreux sont les étudiants français qui poursuivent un cursus en Belgique, cursus qui ne peut donner lieu à une équivalence car ni la formation, ni la profession de psychomotricien ne sont réglementées en Belgique (…) Autrement dit, un jeune français formé en Belgique (bachelier en psychomotricité) ne peut pas être psychométricien en Belgique et ne peut donc se prévaloir de deux ans d'exercice en Belgique pour demander ensuite une autorisation d'exercice en France. Ce qui explique que les directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale ne peuvent statuer sur des demandes d'autorisation d'exercice. ».[1]. Cette réponse est inexacte et mal documentée, car de jeunes diplômés en psychomotricité, quelle que soit leur nationalité, travaillent comme psychomotricien à Bruxelles et en Wallonie.  D’autant comme dit plus haut, nous travaillons à développer encore ces opportunités.  Ensuite, la formation est bien réglementée et officielle. Enfin, la profession est partiellement réglementée (S. Santé Mentale, MRS, AWIPH).

        Malheureusement la position française peut être mise en corrélation avec une question posée récemment à la Chambre des représentants de Belgique. Aujourd’hui, s’adresser directement au fédéral menace l’ensemble des psychomotriciens, comme en témoigne cet extrait de réponse : « (…) À partir du moment où nous avons déjà des professionnels de santé compétents; Il n'est donc pas utile dans ce cadre de reconnaitre une nouvelle profession de "psychomotricien". »[2]

L’UPBPF et la FEF donnent la priorité à la consolidation de la profession en Fédération Wallonie-Bruxelles.

        La suite ? Pour clôturer cette année académique, un appel supplémentaire par le biais médiatique et politique sera effectué afin d’encourager Mrs. Les Ministre Prévot et Demotte d’étendre et ouvrir d’avantages de postes aux psychomotriciens en Wallonie. Dans la perspective de pouvoir aborder, dans un futur proche, de la meilleure des façons la problématique au niveau fédéral !

 

Anne Taymans                                                                                                            Maxime Mori
Présidente UPBPF                                                                                                     Président FEF

 

[1]Question écrite à l’Assemblée Nationale N°91713 : http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-91713QE.htm

[2] Question relative à la reconnaissance des psychomotriciens (QO 8134) http://www.lachambre.be/kvvcr/showpage.cfm?section=qrva&language=fr&cfm=qrvaXml.cfm?legislat=54&dossierID=54-B064-867-0746-2015201607848.xml