La décision politique – 20 octobre 2016

20 OCTOBRE 2016

Chers membres, chers amis,

Ce mercredi 19 octobre, nous avons eu l’information d’un courrier de Madame De Block à Monsieur Marcourt.
Ce courrier émet le positionnement de la Ministre de la santé contrainte, sans doute, par la mise en citation introduite par nos conseils juridiques au nom des jeunes professionnels et étudiants.

Sans grande surprise, elle suit l'avis du CNPP : « Je maintiens ma position de ne pas envisager de reconnaître les psychomotriciens comme nouvelle profession des soins de santé ».
Madame la Ministre de la Santé précise notamment qu’ « à défaut de reconnaissance légale comme professionnels de la santé (loi 2015) il est interdit de poser des actes relevant de l’art de guérir . Ceci n’empêche toutefois pas les psychomotriciens d’exercer leur métier en Belgique, du moment qu’ils n’exercent pas l’art de guérir ».
Cependant, Maggy De Block tient à souligner que « la formation offre toutefois des opportunités dans le cadre de l’enseignement, du bien-être et de l’aide sociale ; mais que cela ne fait pas partie du champs d’application des soins de santé ».Nous voyons bien qu’il s’agit dans le choix politique de Madame De Block d’écarter les psychomotriciens de leur place de professionnel paramédical ; alors qu’au sein des équipes pluridisciplinaires leur travail quotidien ne cesse d’être reconnu et attendu. Nous renvoyer aux opportunités dans l’enseignement, le bien-être et l’aide social (compétences régionales certes à ne pas négliger), c’est évacuer la discussion du niveau fédéral, là où peut se défendre un statut de profession paramédicale.

Nous ne pouvons que constater le manque d'ouverture de cette nouvelle prise de position du Ministère de la Santé qui nous oblige à entreprendre d'autres démarches juridiques.
Nous regrettons que des concertations ne puissent être envisagées à nouveau au CNPP (nouvellement appelé Conseil Fédéral des Professions Paramédicales).
Nous rappelons que nous demandons l’officialisation d’un métier qui répond en Belgique depuis plus de 30 ans à des besoins réels et qu’il est inconvenant, pour ne pas dire choquant, d’envisager qu'une part de notre pratique soit perçue comme illégale.

Nous rappelons que nous ne parlons pas de remboursement Inami mais de donner à la Belgique l’occasion de combler son retard et statuer sur une profession comme cela s’est fait depuis longtemps chez nos voisins français, luxembourgeois et néerlandais.

Avec la FEF, nous poursuivons donc la ligne de défense juridique que nous avions anticipée.
Nous n’excluons pas d’autres actions possibles.

Nous sommes entendus et soutenus non seulement dans notre pays mais par delà les frontières.
Nous revenons des journées annuelles du SNUP à Rouen, la majorité des psychomotriciens français reconnaissent la qualité de notre travail, soutiennent la reconnaissance professionnelle en Belgique (pétition, témoignages) et la nécessité d’une formation spécifique.

Le Forum Européen de Psychomotricité a lui aussi adressé une lettre officielle avec un contenu semblable à Madame De Block début octobre.

Sachez que nous poursuivons le travail de dialogue avec diverses instances administratives, politiques et décisionnelles (aux niveaux belge(s) et international(ux)) car nous continuons à croire au dialogue.

Dans un mois, le 19 novembre, nous aurons notre journée d’étude à Namur. Avec Catherine Potel et Didier Robin, nous réfléchirons à ce qui se joue au cœur de notre métier, au cœur de la rencontre psychomotrice.
Nous avons choisi de partager ensemble et cerner les jeux et enjeux des contre-transferts, notamment corporels, dans l’exercice de notre métier.
Plus que jamais votre présence est précieuse et significative de l'engagement qui est le nôtre.

Il est actuellement plus que jamais important que notre métier soit compris et précisé dans tout son potentiel.
Parlons-en, même si c’est parfois complexe ; c’est la meilleure façon quotidienne de soutenir la reconnaissance.

Nous vous tenons informés et nous ne manquerons pas de vous solliciter si des actions ponctuelles sont envisagées.

Sur cette portion de chemin déstabilisant , restons ancrés et solidaires,
Bien à vous tous,

Anne Taymans et Elisabeth Castro,
pour le CA de l’UPBPF.
Voici quelques liens intéressant évoquant la situation actuelle :
Reportage RTBF :
 Vidéo de Mme Muriel Gerkens défendant la profession :
Article "Défi" :
Article Le soir :