Découvrez la revue N°0 – Janvier 2009

Sommaire

  • P 3 - Qu’est ce que l’Union Professionnelles Belge des Psychomotriciens Francophones ?
  • P 4 - Le parcours identitaire du psychomotricien en Belgique francophone - Jean-Pierre Yernaux
  • P 6 - Recherche de sens pour une construction identitaire du psychomotricien - Jean-Pierre Yernaux
  • P 12 - L’approche psychomotrice dans le soin à la relation mère-enfant - Clémence Henrottay
  • P 22 - L’organisation sensori-perceptivo-motrice du jeune enfant - Laurence Vaivre-Douret
  • P 29 - Conférence
  • P 30 - Assembée générale de l’UPBPF du 21 février 2009
  • P 31 - Conférence du 21 février 2009 : Un groupe d’aide ? Pourquoi ? Pour qui ?
  • P 32 - Formation du 21 février 2009 : Le travail groupal en psychomotricité
  • P 33 - Formations

Extrait de l'article : L’approche psychomotrice dans le soin à la relation mère-enfant - Clémence Henrottay

CLEMENCE HENROTTAY – extrait du travail de fin d’année «Processus Thérapeutique en Psychomotricité», C.P.S.E., juin 2008.

Le contexte :

Le texte qui suit retrace mes réflexions au sujet du travail réalisé avec Marilyn et sa maman dans le cadre d’une unité Mère-bébé au sein d’un hôpital psychiatrique.
J’y décris la manière dont l’équipe et moi-même avons pensé et réalisé l’accompagnement des relations mère-enfant.

Les premiers échanges – Ebauche de leur histoire :

Marilyn (17 mois) et sa maman Janina (33 ans) sont admises dans notre unité Mère-bébé suite à la tentative de suicide par défenestration de la maman.
Marilyn est née en Belgique. Selon Janina, le père ne voulait pas d’enfant et ne l’a pas reconnu.
Dès son arrivée à l’hôpital, Janina raconte avec amertume comment cet homme l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte.
La maman est originaire de Sierra Leone.
Pour des raisons politiques et familiales, parce qu’elle craignait pour sa vie, Janina a quitté son pays.
Elle y laisse ses deux premiers enfants de 10 et 12 ans. Réfugiée en Belgique depuis 2005, elle est en attente de « régularisation ». Face à l’échec de ses démarches, Janina tente de se jeter par la fenêtre du centre qui l’héberge, et ce, sous les yeux de sa fille Marilyn.
C’est à la suite de cet épisode que les travailleurs sociaux prennent la décision d’orienter la dyade dans notre Unité Mère-bébé afin qu’un soin soit apporté tant à la mère « déprimée » qu’à l’enfant « traumatisée ».
Janina est issue d’une lignée de femmes exciseuses. Elle afirme qu’aujourd’hui, elle est contre cette pratique et que c’est pour cela qu’elle a quitté sa famille et son pays.
Elle souhaite que sa fille Marilyn ne subisse jamais l’excision.
Janina est anglophone. Depuis son arrivée en Belgique, elle apprend le français qu’elle semble comprendre mais qu’elle parle encore diffcilement.

La recherche du cadre d’accompagnement :

À la demande de l’équipe soignante j’effectue un bilan de développement psychomoteur avec l’enfant.
L’équipe souhaite que je travaille avec la dyade afin de favoriser les échanges relationnels mère-fille.
En effet, dès l’arrivée de Marilyn et Janina dans l’unité, le personnel soignant rapporte que la mère est « brusque » avec son enfant. L’enfant est exclusivement nourrie au biberon et est souvent laissée seule dans sa chambre.
Pendant la première séance de ce bilan, j’utilise l’échelle de développement moteur fonctionnel de L. Vaivre-Douret, et durant les 4 autres séances je propose un temps et un lieu pour être ensemble et accueillir ce qui vient.

Notre première rencontre :

Lors de notre première rencontre, Janina, « apathique », massive, ne montre aucune réaction vis-à-vis du travail que je lui propose. Elle semble indifférente à tout ce qui l’entoure, y compris sa fille. Marilyn est une petite fille très ronde, …

Vous souhaitez lire la suite de l'article ?

A tout moment, devenez membre de l'UPBPF et vous recevrez les revues de l'année en cours par voie postale. Possibilité de commander la revue par numéro.

Pour tout renseignement : contact@upbpf.be