Découvrez la revue N°14 – Avril 2014

Sommaire

  • P 4 - L'intervention psychomotrice en Belgique francophone : un long cheminement - Jean-Pierre Yernaux
  • P 10 - Entre paroles et silences, entre cécité et surdité, histoires de deux mondes sensoriels bouleversés - Anne Van Den Bril et Martine Henet
  • P 18 - Paroles du corps et attachements - Béatrice Boyens
  • P 26 - Quand le silence permet une écoute du corps, quand le retour au calme aide le patient porteur de la maladie de Huntington à retrouver la maîtrise de ses mouvements - Chantal Dutems Carpentier
  • P 30 - Silence, schizophrénie et thérapie psychomotrice - Véronique Defiolles-Peltier
  • P 35 - Parolles chevillées au corps - André Brandily

Extrait de l'article : "PAROLES DU CORPS ET ATTACHEMENTS"

BEATRICE BOYENS, thérapeute psychomotricienne en privé et au CHR de Liège (cellule maltraitance et pédopsychiatrie), formatrice en psychomotricité au CPSE et à la Helmo de Liège.

Mon propos s’intitule « Paroles du corps et attachements » car mon expérience de psychomotricienne, depuis plus de 25 ans, a été enrichie dernièrement par une formation DU à l’université René Diderot, Paris 7, sur la théorie de l’attachement. Je souhaite donc réfléchir sur l’apport de cette théorie dans notre clinique psychomotrice car l’enfant et les parents nous racontent souvent, sans parfois le dire, leurs propres histoires d’attachements passées ou présentes, rêvées ou réelles. Je vais tenter de comprendre les troubles de régulation émotionnelle et de conduites d’un enfant nommé ici Joseph, sous la lumière de cette théorie. Je commencerai par les rencontres avec les parents, celles avec l’enfant, puis j’aborderai la qualité d’ajustement, la régulation émotionnelle et le jeu symbolique en lien avec l’attachement.

Nous allons donc d’abord découvrir le vécu des parents de Joseph, âgé de 3 ans et 8 mois lors des premières consultations, à mon cabinet, en septembre 2011. Il m’est adressé par une collègue pédopsychiatre car il fait d’importantes colères, surtout avec sa maman.

Aux premières séances, la maman se montre très stressée. D’emblée, les rendez-vous sont difficiles à prendre. Elle ne sait trop si c’est nécessaire de venir. Elle va me raconter l’histoire de son fils, avec beaucoup d’incompréhensions, d’hésitations, d’irritations et de peurs. Il est vrai, les premières rencontres sont très émotionnelles pour tout le monde. Cette maman vit sans doute un double stress, face à un cadre et une personne inconnue et face à sa demande. Est-elle dans un conflit de motivation entre son désir d’aider son enfant et son besoin de se protéger de sa propre peur ? Comment a-t-elle demandé et reçu de l’aide de ses parents et des soignants ? Quels sont ses MIO (modèles internes opérants), c’est-à-dire ses représentations internes des autres comme pouvant répondre ou non de manière sensible et ses représentations internes d’elle même comme ayant droit ou non et comme valant ou non la peine de recevoir de l’attention et de l’aide ? (Guedeney N et A, 2010). Sa résistance cache sans doute sa peur. Comment recevoir sa demande ambivalente ?

Vous souhaitez lire la suite de l'article ?

A tout moment, devenez membre de l'UPBPF et vous recevrez les revues de l'année en cours par voie postale. Possibilité de commander la revue par numéro.

Pour tout renseignement : contact@upbpf.be